Le financement du cinéma français à l’ère numérique : nouveaux enjeux et nouvelles opportunités

Le financement du cinéma français à l’ère numérique : nouveaux enjeux et nouvelles opportunités

(Etude réalisée en 2012)

Cette étude a pour but d’analyser les enjeux futurs du financement du cinéma français face à la révolution numérique.

Dans un premier temps, nous cherchons à évaluer l’état actuel du cinéma français relativement aux trois grands axes de la politique culturelle en sa faveur : rayonnement, diversité et démocratisation.

A la lumière des critères que nous avons passés en revue, nous constatons que le cinéma français jouit d’évidentes forces, mais souffre aussi de profondes faiblesses qui reflètent largement celle d’un système d’aide imparfait (I).

Dans un second temps, nous mettons en évidence le fait que la révolution numérique constitue une réelle opportunité pour le cinéma français : le nouvel ordre qui se met en place est en train d’apporter les solutions à la plupart des problèmes actuels du cinéma.

La « civilisation de la vidéo » qui s’établit peu à peu se caractérise par une consommation plus forte que jamais des différents médias qui se conjuguent et deviennent accessibles en permanence à travers maints dispositifs techniques : ordinateur, TV, smartphone, tablettes. La télévision garde une place centrale, même si ses modes de consommation s’affranchissent des contraintes traditionnelles de temps, de lieu et de mode de réception.

La consommation d’image en général et de films en particulier va devenir profondément active : le spectateur ne sera plus passif devant l’œuvre, mais sera capable de prendre part à son émergence, son financement, et d’aller sélectionner de façon fine celle en laquelle il se reconnaîtra le mieux.

Les profonds bouleversements des modes de diffusion du film qui vont avoir lieu vont offrir au cinéma français de nouveaux leviers d’épanouissement, et cela pour chacun des trois grands axes de la politique culturelle : les productions françaises vont pouvoir atteindre des niveaux de diffusion jamais atteints, elles vont pouvoir être plus diverses et créatives, et enfin faire connaître cette diversité par un éventail plus large de la population (II).

C’est toute la chaîne de valeur du cinéma qui va ainsi être bouleversée, de l’amont à l’aval :

  • en amont de la chaîne, la frontière entre consommateur et créateur/producteur va s’effacer au profit d’une participation active du consommateur ;
  • en aval, la multiplication des modes de réception de la vidéo en général et des films en particulier ainsi que les nouveaux comportement de consommation intensive de vidéos vont favoriser une demande mondiale de vidéos plus importante que jamais.

De façon schématique, on peut dire qu’à travers ce changement de chaîne de valeur, le cinéma va passer d’un modèle économique où quelques blockbusters très coûteux concentrent une grande partie des recettes à un modèle beaucoup plus atomisé où un grand nombre de films de taille moyenne à la créativité réelle vont pouvoir émerger et devenir rentables. Dans ce nouvel ordre qui est en train d’émerger, la salle va garder sa fonction de lieu d’éclosion du film, mais la place centrale en termes quantitatifs comme de revenus sera occupée par les différentes formes de vidéo à la demande (au sens de contenus vidéos convoqués sur demande par le consommateur, de façon directement payante — à l’acte — ou indirectement payante — par abonnement ou financé par la publicité).

En conclusion, nous montrons que la France doit à présent s’efforcer de favoriser au maximum le développement de ces nouveaux équilibres afin que le cinéma français en bénéficie.

télécharger l’étude complète : Rapport financement cinema sept 2012